Classe de protection II : double isolation et appareils sans terre

La classe de protection II désigne les appareils électriques protégés par une double isolation ou une isolation renforcée. Si l’isolation principale cède, les parties que l’on touche ne passent pas sous tension, ce qui permet à ces appareils de se passer de la prise de terre. Ils se repèrent au symbole du double carré.

Ce que signifie la classe de protection II

La norme NF EN 61140 range le matériel électrique en quatre classes, de 0 à III. La classe de protection 2 (on trouve aussi cette écriture) correspond à un appareil dont les parties actives sont entourées d’une double isolation, ou d’une isolation renforcée qui joue le même rôle.

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Concrètement, l’appareil possède une isolation fonctionnelle, puis une seconde barrière matérielle par-dessus. Les pièces métalliques accessibles ne sont pas reliées à la terre : elles n’en ont pas besoin, puisqu’aucune tension dangereuse ne peut y parvenir au premier défaut.

Le symbole du double carré et les autres repères

Sur la plaque signalétique ou dans la notice, un appareil de classe II porte un double carré, c’est-à-dire un carré inscrit dans un autre carré. Certains fabricants ajoutent la mention « classe II » ou « double isolation ».

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Le cordon donne un second indice : la fiche est plate et ne comporte aucun contact de terre. Un appareil de ce type se branche aussi bien sur une prise avec terre que sur une prise sans terre. Il ne faut pas le confondre avec la classe III, dont le symbole est un losange traversé de trois traits verticaux.

Plaque signalétique et fiche plate d'un appareil de classe II

Classes 0, I, II et III : ce qui les distingue

Les quatre classes reposent sur des principes différents. Le tableau ci-dessous les compare sur ce qui change pour l’utilisateur.

Classe Principe de protection Terre
0 Isolation fonctionnelle seule Aucune
I Isolation principale et masses reliées à la terre Obligatoire
II Double isolation ou isolation renforcée Inutile
III Très basse tension de sécurité (TBTS) Inutile

La classe 0 n’offre aucune seconde barrière : le matériel concerné est interdit à la vente en France et en Europe, et son usage est interdit sur les lieux de travail. La classe III alimente l’appareil sous une tension limitée à 50 V en règle générale, et à 12 V en milieu humide comme une piscine.

La classe dit comment l’appareil protège contre le choc électrique, et rien de plus. Un lecteur qui compare ce classement à la différence entre indice IP et classe d’isolation constatera que les deux informations sont indépendantes. Sur une installation de classe I, c’est le disjoncteur différentiel qui saute quand un défaut apparaît, alors qu’un appareil de classe II évite ce défaut dès la conception.

Pourquoi un appareil de classe II se passe de la terre

Dans un appareil de classe I, la terre évacue le courant de fuite quand l’isolation principale est endommagée. En classe II, la seconde isolation empêche que le défaut atteigne une partie accessible : il n’y a donc rien à évacuer vers la terre.

On trouve cette classe sur des objets du quotidien : chargeurs de téléphone, certaines lampes, petit électroménager comme les mixeurs plongeants. Elle compte beaucoup dans un logement ancien dont les prises n’ont pas de terre, puisque ces appareils s’y branchent sans danger supplémentaire.

La classe II ne répare pas pour autant une installation vieillissante. Les conducteurs, eux, s’usent : la durée de vie des fils électriques d’une maison reste à surveiller, appareil de classe II ou non.

Les limites de la classe II à connaître

Luminaire de salle de bain installé près d'une douche

La double isolation ne dit rien de la résistance à l’eau et à la poussière. Cette information se lit dans l’indice IP, à vérifier séparément.

La salle de bain en donne un exemple. Selon la NF C 15-100, le volume 2, qui s’étend sur 60 cm à partir du volume 1, accepte les éclairages de classe II, et les radiateurs ou sèche-serviettes de classe II à condition qu’ils soient protégés par un différentiel 30 mA. L’indice IP requis est IPX4 dans ce volume, IPX5 dans le volume 1 et IPX7 dans le volume 0, où aucun équipement n’est admis hors cette exception.

Autre limite : une isolation abîmée ne protège plus. Un cordon coupé, un boîtier fendu ou un appareil ouvert font perdre la double isolation, et le symbole sur la plaque n’y change rien.

Classe II sur un luminaire : ce qu’il faut vérifier

Pour un luminaire de classe de protection 2, trois points se contrôlent avant la pose. Le double carré doit figurer sur le luminaire ou sa notice. Le raccordement se fait sans fil de terre : le conducteur vert et jaune présent dans la boîte de dérivation reste isolé, sans être relié au luminaire. L’indice IP doit enfin convenir à la pièce, en particulier dans une salle de bain.

Un doute sur le raccordement justifie de savoir quand appeler un électricien plutôt que de poursuivre seul. Le conducteur de terre laissé en attente reste sous protection du différentiel de l’installation.

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